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Conclusion

1- Interprétation spéculaire des médiations interactives: Intersubjectivité médiatée

2- Interactivité et société : les paradigmes de l’individualisation

 

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Intersubjectivité médiatée et individualisation

Les nombreux dispositifs expérimentés et développés à ce jour ont connu des succès divers. Nombre ont été le fruit d’une démarche fonctionnaliste à la recherche d'un système opératoire de plus en plus intuitif ou d’une conception centrée sur l’usage. Ils réduisent l’interactivité à un concept fonctionnel d'une technologie facilitatrice des pratiques. D’autres centrés sur la conception de nouveaux environnements virtuels pensent ouvrir vers de nouveaux espaces abolissant les contraintes de l’espace opératoire. Mais ces environnements ne sont qu’hypothétiques, ils sont des reflets qui participent à la vie de notre imaginaire et de notre pensée. Ces mondes numériques n’ont de sens que dans l’usage que nous faisons d’un contenu que nous nous approprions à partir de notre champ de l’expérience.

Ainsi entre ces deux pôles, les médiations interactives ont organisé des scènes qui vont au-delà d'un rapport "naturel" à la technique ou d'une exploration d'un imaginaire sans contrainte. Il nous semble qu’une réflexion spéculaire sur l'introduction et le développement de dispositifs interactifs doit permettre de prendre en compte la complexité de la relation d’usage recherchée et la logique des contraintes. Elle nous permet de reconstruire la médiation au travers des jeux de personnages recomposants les enjeux des acteurs au sein d’une intersubjectivité médiatée.

Il n’y a actuellement pas de réels problèmes techniques qui limitent le développement des dispositifs de médiations interactives. La course technologique nous paraît être une fuite en avant des concepteurs de système et de contenu. Il y a peu de problème de débit, de qualité d’affichage qui empêchent le développement de dispositifs originaux. La réelle difficulté est celle d’une culture qui dans ce besoin d'une inflation technologique cherche à masquer son " incapacité à ", sa crainte de se servir des outils d’aujourd’hui. La difficulté est peut-être au fond plus culturelle qu’économique.

Les technologies de l’interactivité numérique bouleversent une culture de la linéarité des discours mais aussi une de la linéarité du rapport auteur/lecteur et par extension de la linéarité du rapport producteur/consommateur. Cette problématique est confrontée à des paradoxes qui traversent l'ordre socio-économique. L’interactivité dépossède l’auteur et le producteur d’une partie de leur fonction, l'utilisateur devient de plus en plus acteur lui même d'un co-produit dont il est le héros. Il est celui qui, en mettant la touche finale individualise, chaque médiation. L’interactivité marque une rupture entre une culture de masse et une culture de l’individu. Cette rupture est aujourd’hui idéalisée au sein de paradigmes de l’individualisation tout en étant déjà à l’œuvre dans les faits d’interactivité.

Nous conclurons en suivant deux axes de l’analyse des mises en scène interactives. Le premier fait l’hypothèse que l’interprétation spéculaire des médiations interactives conduit à définir le concept d’intersubjectivité médiatée. Au travers du second axe, nous envisageons l’impact de l’interactivité comme signe et moteur d’une transformation de la société se réorganisant autour d’idéologies de l’individu.

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©Vincent Mabillot 1999-2003